Pour ce dimanche 2 août:
Jésus multipliant pains et poissons:
ce garçon qui "perd" et faif gagner;
le rôle d' "un seul", avec le Christ.
Le Christ qui se "multiplie" Lui-même.., qui rayonne jusqu'ici !...
Bon dimanche
P Pierre Fournier
Méditation du dimanche 2 août
Mt.14/13-21 – La multiplication des pains
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! », vous les pasteurs du troupeau, vous les prêtres « de qui l’on attend la science » (Mal.2/7). Elle était, cette foule qui s’attachait à Jésus, comme des « brebis qui n’ont pas de berger ». « Le peuple périt faute de connaissance », pas seulement de famine (Os.4/6). Cet épisode de la multiplication des pains est significatif à cet égard. Jésus vient d’instruire longuement cette foule avide de sa Parole de Vie, de son chant de délivrance. Elle a tout laissé derrière elle, y compris son pain quotidien, pour le pain du Christ, le bon pain de sa Parole : elle ne sera pas déçue ! jusqu’à se gaver de pains d’orge et de poissons…
Mais le Seigneur attend une participation active de sa petite équipe : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » - « Il y a là un petit garçon qui a 5 pains et 2 poissons ». Ah ! Il y en a au moins un ! Et s’il n’avait pas été là ?... Comment multiplier quelque chose que l’on n’a pas ?... Il a fallu la prévoyance de cet enfant pour que le miracle s’opère. Il est cependant bien en marge de l’aile marchante des disciples, mais son offrande a suffi. Il a accepté de donner son panier, de tout perdre pour en « sauver » beaucoup. Merveilleux petit gars ! Délicate parabole du Seigneur qui compte aujourd’hui encore sur le plus petit, peut-être, pour faire de grands prodiges dans l’Eglise et pour le monde.
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ce qui compte dans cette nourriture spirituelle dont nous avons tant besoin, c’est l’intégrité de la Foi. « Vérité germera de la terre, dit le psaume, et des cieux se penchera la justice » (Ps.84) Oui le Seigneur attend que la Vérité germe dans le cœurs des chrétiens – au moins un ! – cette « Vérité toute entière » qu’il nous a promise (Jn.16/13), pour la multiplier ensuite à l’infini. Il ne l’imposera pas.
« Et ils mangèrent et ils furent rassasiés ». Que viennent ce temps où les hommes seront rassasiés de la Vérité ! Il était ému le Seigneur, à la vue de cette foule harassée, livrée à son triste sort. La Loi de Moïse n’a pas porté les fruits que l’on était en droit d’espérer, sinon à Nazareth. Là, un « petit garçon », du nom de Joseph, inconnu des grands prêtres, charpentier de son état, a retrouvé la justice aux yeux de Dieu (Mt.1/19), au sein de son foyer, et avec Marie son épouse a produit la Vérité elle-même : le Verbe incarné. Son fils, il l’a donné sur l’autel de la Croix ; ce Pain offert, ce Corps sacré, Dieu l’a multiplié pour la nourriture de tous.
Des restes, on remplit 12 paniers, comme il y a 12 apôtres, pour dire la prodigalité du don. Ils n’avaient proposé que 5 pains, ils en reçoivent des milliers ! Ils n’iront qu’une parole à dire – lors de la consécration – et le Pain de Vie sera donné à profusion ? Permanente multiplication… et de quel pain !
Il y avait eu autrefois le patriarche Joseph qui, dans le secret, avait fait des provisions de blé pour nourrir, lors de la famine, toute l’Egypte et bien au-delà de ses frontières – notamment ses frères en pays d’Israël, qui pourtant l’avaient vendu… Un seul homme pour en « sauver » une multitude, un autre « Joseph » au prénom prédestiné, puisqu’il signifie « Celui qui dépasse ». Y aura-t-il en ces temps qui sont les derniers, où s’accroît de jour en jour la famine spirituelle, une autre « petit garçon », un autre « Joseph », qui permettra à la « Vérité toute entière », enfin comprise, de s’extérioriser, pour que tous les hommes s’abreuvent au Salut du Christ.
Il faut qu’advienne la pleine Rédemption, « que nos corps mortels revêtent l’immortalité, que nos corps corruptibles revêtent l’incorruptibilité… » Saint Paul l’espérait fermement. « Alors, poursuit-il, la mort sera engloutie dans la victoire. Où est-elle mort ta victoire ? Où est-il mort ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort c’est le péché, la force du péché c’est la Loi. Rendons grâces à Dieu qui nous a donné la victoire en Jésus-Christ notre Seigneur ». (1 Cor.15/54-56)
Marie en reste le modèle parfait.
Marie-Pierre