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Méditation partagée de Marie-Pierre pour le Dimanche 25 Octobre 2020-Mt22 (34-40)-Le plus grand commandement

Méditation du 30ème dimanche – Année A

Mt.22/34-40  - Le plus grand commandement

 

Jésus vient de clouer le bec aux Sadducéens qui ne croient pas à la Résurrection des morts, lui qui est le Dieu des vivants ! Lui n’a pas fait la mort : « C’est un ennemi qui a fait cela » (Sag.1/13 ; 2/24 ; Mt.13/28). Si donc il crée une âme, ce n’est pas pour qu’elle disparaisse à tout jamais dans le néant, mais bien au contraire pour qu’elle « règne » aux côtés d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Les Pharisiens exultent ! Du coup pour une fois, ils vont l’interroger moins pour l’espionner que pour scruter son enseignement. Enfin ! Un minimum d’accueil…

 

« Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Elle tombe à pic cette question, alors que les oreilles s’entrouvrent et que les cœurs se dilatent un peu. Et Jésus, avec une certaine émotion dans la voix, répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». C’est le fameux « Shema Israël ! », « Ecoute Israël, le Seigneur Yahvé est le seul Seigneur, tu aimeras le Seigneur ton Dieu, etc… » (Dt.6/5) En filigrane, il leur dit, à ce moment précis de son ministère : « Aimez-moi, c’est moi qui suis votre Dieu, le Fils éternel du Père ; aimez Dieu mon Père ! » Depuis 1400 ans que les Hébreux récitent par cœur ce verset du Deutéronome, il est temps qu’ils le concrétisent en la personne de Jésus-Christ. « Et le second lui est semblable, ajoute-t-il, ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’ », puisant ici dans les préceptes du Lévitique (19/18).

 

Que Jésus soit Dieu, cela, ils ne peuvent le percevoir que par intuition, ou révélation personnelle - ces nombreux miracles, en son nom propre, le démontrent largement - mais qu’il soit leur prochain, qui pourrait le nier ? Telles des sangsues, ils lui collent à la peau, au point de l’empêcher bien souvent d’avancer. Celui qui s’est fait si proche d’eux, au point de naître chez eux, de grandir sur leur terre, d’être l’un d’eux par la lignée de David, va-t-il être reconnu et aimé par les siens ? Dieu et homme à la fois : il faut accepter et aimer tout cela en Jésus de Nazareth.

 

Jésus  a parlé. Qu’y a-t-il à redire ? – Rien. Il a dit « vrai » : chacun le pense en son for intérieur et les Pharisiens ne peuvent que souscrire. Mais… garder le précepte est une chose, le mettre en pratique en est une autre, beaucoup plus exigeante. « Toute la Loi et les Prophètes sont suspendus (c’est le terme exact) à ces deux commandements », ajoute Jésus. Ils sont les deux clous qui soutiennent les Tables de la Loi. Enlevez les clous, la Loi s’effondre, elle n’a plus de raison d’être. Car elle a été donnée pour cela précisément : restaurer l’amour blessé du Créateur et Père. Blessure qui s’est répercutée sur toutes les créatures.

 

« Fratelli tutti », nous dit le pape François dans son encyclique ; oui, tous frères en Adam, mais… ces frères-là sont bien souvent des frères ennemis : confère la douloureuse histoire de Caïn et Abel, si souvent, trop souvent reproduite (Gen.4). Tous frères en Jésus-Christ : voilà Celui qui fera la paix, Celui qu’il faut accueillir et aimer, comme Dieu et Fils de Dieu.

 

Y eut-il parmi les Pharisiens auditeurs de ce discours, des conversions ? On peut l’espérer. Qui ne serait sensible à cet appel de l’amour, aujourd’hui comme hier ?… Mais voilà, ces deux préceptes ne vont pas l’un sans l’autre. « J’aime Dieu, dira l’un, et cela suffit ; j’aime mon prochain, dira l’autre, et cela suffit. » Ils oublient ces deux-là l’unité inséparable des deux ordres, le second dépendant intimement du premier - et réciproquement. Ne seraient-ils pas, comme dit saint Jean, des « menteurs » en disant aimer Dieu sans aimer l’autre - et réciproquement ? (1 Jn.4/20) Dieu est amour, et nul ne saurait aimer, si Dieu n’aime en lui. Il suffit simplement de le reconnaître.

 

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». « Comme toi-même ». T’aimes-tu ? – Non ? Comment peux-tu aimer l’autre ? Impossible ! « Charité bien ordonnée commence par soi-même », dit le prudent proverbe. C’est ici une question d’authenticité, de vérité envers toi-même et le prochain. Là non plus il ne faut pas mentir. Ou alors ferais-tu mentir Dieu qui lui, t’aime, non pas certes dans tous tes travers, mais dans le creuset de ton cœur, et qui voit déjà en toi la gloire dont tu resplendiras, cette gloire pour laquelle tu es fait, si tu te laisses porter par son amour, si tu réponds à son amour par l’amour.

 

Marie-Pierre

 

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