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Méditation partagée de Marie-Pierre pour le Dimanche 18 Octobre 2020-Mt22(15-21)- Le tribut à César

Méditation du 29ème dimanche – Année A

Mt.22/15-21  - Le Tribut à César

 

« Est pris qui croyait prendre ». Le piège qu’ils ont tendu sous les pas de Jésus se referme sur eux, au point, nous dit saint Luc, qu’ils en perdent la voix (Lc.20/26). Ils avaient pourtant agité leurs langues : « Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voix de Dieu en vérité… ». « Nous savons… » Et bien alors, il n’y a plus qu’à dire « Amen » à l’enseignement du Christ. « Amen », ils ne le diront pas, laissant paraître leur double jeu. « Hypocrites ! » Eux sont faux, et ils enseignent la voix des Pharisiens et des Hérodiens, ces derniers en étroite connivence avec les Romains – si Hérode règne sur la Galilée c’est grâce à eux.  Si le Christ refuse de payer le Tribut à César, ils vont sitôt le dénoncer ; et s’il accepte de payer, les Pharisiens vont crier : « Collabo ! Apostat à la cause messianique d’Israël ! »… Bien tendu le filet ! Mais Jésus va passer à travers les mailles.

 

« Montrez-moi un denier », l’objet du litige. N’en a-t-il jamais vu ?... Tous ces verbes-hauts, Il va les confondre par leur propre langue. « De qui est l’effigie et l’inscription ? » - Comme s’il ne le savait pas ! - « De César ! » Eh bien alors, rendez à César ce qui lui appartient ! SON argent ! » Bouches closes. Satisfaction des Hérodiens. « Quant à vous, Pharisiens, vous êtes établis pour rendre un CULTE à Dieu, et uniquement pour cela ! Là est votre tribut ». « Nous sommes au Christ, écrira saint Paul, et le Christ est à Dieu » (1 Co.3/23) Le Christ, ils l’ont sous les yeux, c’est à lui qu’ils doivent amour et action de grâce, c’est à Dieu son Père qu’ils doivent adoration et oblation. Mais cela, ils ne le veulent pas ; ils sont venus pour le perdre, « le livrer, dit saint Luc, au pouvoir et à l’autorité du Gouverneur » (Lc.20/20). Ils le feront, non sans avoir, auparavant, prononcer sa condamnation à mort.

 

Pourquoi Rome interviendrait dans ce procès ?... C’est une affaire juive ! Ils ont donné à César ce qui ne lui revenait pas, ils ont dérobé à Dieu ce qui était à lui : son propre fils ! Tout l’opposé de leur mission. « Suis-je juif ? » répondra Pilate à Jésus. Ce n’est que lorsqu’ils crieront : « Nous n’avons d’autre roi que César » qu’il finira par le livrer aux bourreaux tout en se lavant les mains et en disant : « Je suis innocent du sang de ce juste ». C’était leur Roi, ils l’ont vendu à l’autorité romaine ; ils ont vendu non seulement le Messie, mais le peuple tout entier ! Dieu le Père en ce procès à tout perdu : et son fils et son peuple choisi depuis Abraham ! Dieu à nu ! Le Père dépossédé.

 

Qu’allons-nous faire aujourd’hui ? Continuer d’honorer César ou bien opter pour le Royaume de Jésus-Christ ? Quel tribut allons-nous choisir ? Le dilemme est toujours là. Car les royaumes de ce monde sont dirigés par « le Prince de ce monde » (Jn.16/11) toujours aux aguets pour dérober ce qui appartient à Dieu. Ne nous laissons pas circonvenir. Rendons au Père ce qui lui appartient de droit : sa propre image gravée dans nos cœurs - l’image même de son Fils ! Rendons-lui cet amour filial qu’il attend avec notre louange. Il y avait sur ce denier romain l’effigie de César ; puisse-t-il y avoir sur notre obole, sculptée en lettre de sang, le nom de Jésus-Christ. Loin de me rendre esclave ce « tribut » me donne toute liberté : celle des enfants de Dieu.

 

Un denier… Judas en a reçu trente, à l’effigie de César bien sûr. Il a réalisé, mais un peu tard, qu’il s’était enchaîné, et ce faisant, qu’il avait entraîné le Christ dans sa chute. Enchaîné, il le fut, jusqu’à se passer la corde au cou… Prenons garde ! Qu’une telle soumission ne nous atteigne pas et n’entraîne nos frères avec nous dans l’abîme. La tentation est toujours grande de servir deux maîtres : ils ne sont pas compatibles (Mt.6/24). Le Royaume de Dieu ne peut s’inscrire dans la compromission mais dans la Vérité du Christ.

Sachons donc discerner ce qui appartient au monde, et ce qui appartient à Dieu.

Marie-Pierre

 

 

 

 

 

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