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Méditation partagée de Marie-Pierre pour le Dimanche 13 Décembre 2020-Jn 1(6-8; 19-28)- le témoignage du précurseur

Méditation du 3ème dimanche de l’Avent

Jn.1/6-8 ; 19-28  - Le témoignage du précurseur

 

« Gaudete ! Réjouissez-vous dans le Seigneur ! ». « Il est proche le temps de son avènement, le jour n’en est pas éloigné », chante l’un des répons de l’office de ce 3ème dimanche de l’Avent. Oui réjouissons-nous, comme nous le demande la liturgie en ce jour, et plus encore d’année en année qui nous rapproche du Grand Retour. Le précurseur que nous voyons à l’œuvre aujourd’hui annonçait sa première venue, mais il prêche encore le Baptiste à travers les âges, et toujours il répète : «  Il arrive ! Il est là, celui qui est la Lumière du monde ! N’entendez-vous pas sa voix ? Ne voyez-vous pas sa clarté ?... » Deux mille ans déjà depuis le jaillissement de cette lumière dans nos ténèbres, et peu sont sortis des tombeaux. « Ils ont préféré les ténèbres à la lumière », se désole l’apôtre Jean (Jn.3/19) et avec lui le Baptiste qui, en voulant témoigner pour la Lumière, le paya de sa vie.

 

Quand a-t-elle jailli cette Lumière du monde ? – A Noël d’abord ; l’étable où il est né en fut illuminé et les cieux ont envoyé une étoile. La Lumière s’est faite chair : Einstein ne me contredirait pas ! Toute la Vérité de Dieu, toute la Vie de Dieu sont contenues dans ce petit enfant, condensées en son fragile corps ! Il est cet enfant, dans sa nature humaine, le fils éternel du Père, venu nous instruire en personne de la Vérité qui conduit à la vie (Mc.1/38 ; Jn.18/37). Au jour de la transfiguration, alors que le Père depuis le ciel s’écriait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé ! », son visage devint brillant comme le Soleil. Au matin de Pâques la lumière émanant de son corps ressuscité brûla les fibres de lin de son suaire ! Témoignage éloquent ! Oui le Christ, lumière du monde, du début à la fin. Et c’est avec son corps de gloire qu’il reviendra, il nous l’a promis (Act.1/11).

 

Lumière parce que « né de Dieu ». « Il est Dieu, né de Dieu, Lumière, né de la Lumière » dit le Credo.

 

Jean-Baptiste n’est là que comme une courroie de transmission. Aussi quand les Juifs lui envoient des prêtres et des lévites pour lui dire : « Es-tu le Christ ? », il va répondre : « Bien sûr que non ! ». Il faut dire que dans le peuple juif, le bruit courait que le Christ devait être né, conformément à la prophétie de Daniel (Dan.9/24 s). « Alors tu es Elie ? », - annoncé lui aussi par le prophète Malachie : « Voici que je vous envoie Elie, le prophète, avant que vienne le jour de Yahvé, grand et redoutable » (Mal.4/5), dernière paroles de l’Ancien Testament. Nous sommes à l’époque du Christ dans l’attente imminente du Messie. « Non », répond Jean. Il en a l’esprit, mais non la personne, comme l’ange l’annonçait à son père Zacharie (Lc.1/17). « Serais-tu le Prophète ? », ce fameux prophète annoncé par Moïse il y a très longtemps (1400 ans) : « Yahvé suscitera un prophète tel que moi, vous l’écouterez… » (Dt.18/15). « Non plus », répond Jean. « Alors, qui es-tu ? » - « Je suis une voix : la voix qui crie dans le désert… » Comme s’il disait : « Ma personne, mon ‘étiquette’ n’ont aucune importance, ni mon rang social, ma lignée… c’est ma voix qui compte, elle seule ! Ecoutez-la !... Moi, je ne suis qu’un témoin, je transmets un message, c’est tout. » S’il pouvait parler, Jean, sans être vu, avec un haut-parleur par exemple, comme on le fait aujourd'hui, il préférerait. Il s’efface totalement en considération du Messie.

 

« Mais alors si tu n’es ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète, pourquoi baptistes-tu ? » Le baptême rappelons-le, était un rite assez fréquent en Israël, non pas de masse certes, mais personnel comme un bain de purification. Jean ne fait pas autre chose : ce n’est qu’un baptême d’eau qu’il donne, et qui voudrait enlever l’épaisse couche de crasse qui recouvre ces cœurs fermés… comme le paysan enlève les mauvaises herbes de son champ avant de semer. « Ce n’est pas moi qui sème, c’est celui qui vient derrière moi, et qui, lui, vous baptisera dans l’Esprit-Saint. » Oui c’est une semence divine que Dieu veut semer en nous, et cette semence restaurera notre filiation divine.

 

Le Messie arrive et il rétablira l’œuvre de son Père, comme elle était au commencement.

 

Cela se passait à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain où Jean baptisait. Cet endroit choisi par Jean est riche de signification. C’est en effet par ce même gué sur le Jourdain que Josué fit passer le peuple hébreu au retour de l’exil, dans la terre promise. Heureux qui accepte de passer par les eaux baptismales de Jean, il pourra entrer sur les terres du Christ, et recevoir de lui l’Esprit qui donne la Vie.

Un retour au paradis terrestre en quelque sorte…

 

Marie-Pierre

 

 

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