Homélie du dimanche 29 novembre 2020
Premier dimanche de l’Avent – Année liturgique B
Une nouvelle année liturgique, l’année B, commence ce week-end ; et nous entrons dans le temps de l’Avent, Avent avec un « e », Avent comme avènement, comme venue, comme arrivée ! Veillez, dit Jésus par quatre fois, il nous invite à la vigilance. Notre vie chrétienne est sous le signe de sa venue : « Marana tha ! » Viens Seigneur Jésus ! A Noël il vient, mais avec sa Passion, il nous a promis de revenir en gloire, un jour qui sera la fin des temps. Alors il essuiera toute larme et rassemblera dans l’unité l’humanité de tous les temps. Nous sommes des êtres de désir, quelqu’un va arriver, et il nous faut être prêt. Il avait fallu des générations pour qu’une jeune fille, au sein du Peuple d’Israël, puisse offrir à Dieu l’espace de pauvreté, d’amour et de foi où il puisse s’incarner.
En cette époque où notre monde, notre société, nos institutions et parfois jusqu’à nos familles et communautés sont saisis par l’angoisse, la peur du lendemain et la crainte à l’égard des autres, nous ne pouvons pas rester enfermés en nousmêmes. Ce temps de l’Avent nous invite à nous mettre en marche. Il nous faut sortir pour aller à la rencontre d’une espérance nouvelle. Pour nous, cette espérance à un nom : Jésus et, comme nous l’a rappelé saint Paul, c’est lui qui nous fera tenir fermement jusqu’au bout.
Oui, mettons-nous en chemin et nous serons émerveillés car nous allons découvrir qu’avant même que notre désir soit exprimé, Dieu a fait les premiers pas. Il prend l’initiative de venir à notre rencontre, de tendre la main à son peuple qui s’est égaré sur le chemin, d’ouvrir son cœur aimant à ses enfants qui ont oublié leur dignité filiale et fraternelle. Le prophète Isaïe ne disait-il pas en reconnaissant la fidélité de Dieu : tu viens rencontrer celui qui se souvient de toi en suivant tes chemins ?
Accueillons donc cette bonne nouvelle : Dieu vient à la rencontre de son peuple. Le Père envoie son Fils, il vient sur nos chemins et nous offre le cadeau de sa présence. En Jésus, le Père nous dévoile son visage et reprend l’œuvre de sa création en nous permettant de nous laisser pétrir et façonner par son amour. Nous sommes invités à vivre ce temps liturgique comme un temps de renouveau et de recommencement. Offrons tout simplement l’argile de nos vies afin que le potier divin puisse accomplir ses merveilles et réaliser son chef d’œuvre. Et tout cela va s’accomplir dans notre humanité.
La liturgie de ces quatre dimanches de l’Avent nous invite à nous préparer à cette rencontre et à reconnaître que celui qui est déjà venu, viendra de nouveau revêtu de sa gloire. Le rencontrer, c’est découvrir qui il est, mais aussi qui nous sommes ; c’est nous réjouir de sa présence, mais aussi être émerveillés par notre vocation personnelle ; c’est contempler Dieu devenu homme, mais aussi rendre grâce car nous sommes appelés à participer à la nature divine.
Le rencontrer, c’est aussi faire l’expérience que seul le Christ révèle pleinement l’homme à lui-même.
La rencontre avec le Seigneur au cœur même de notre histoire et de notre vie nous demande une certaine vigilance. Et Jésus nous dit lui-même : « Prenez garde, restez éveillés ». Prenez garde afin que vos cœurs ne soient ni endurcis ni endormis. Restons éveillés afin d’être prêts pour le moment de la rencontre. Accomplissant ses promesses, le Seigneur vient et partage la vie de son peuple. Rester éveillés, c'est aussi être en état d'écouter nos frères et nos sœurs pour comprendre leurs besoins. Comme nous dit le Pape François: « Devenir des contemplatifs du monde et de la Parole ». Rester éveillés, c'est nous nourrir de la Parole de notre Dieu, et écouter la faim et la soif de nos frères et de nos sœurs en vue d'être pour eux le bon pain dont ils ont besoin. La maladie, la vieillesse, les épreuves sont aussi des moments où Jésus passe pour nous faire découvrir des valeurs de vie comme l'accueil, la fraternité, le support mutuel.
Ce que Dieu a annoncé par les prophètes, Il le réalise en son Fils bien-aimé. A nous d’être disponibles et accueillants. A nous de faire une vraie place à la nouveauté de l’évangile et d’ouvrir nos portes pour que la présence du Christ soit une vraie bonne nouvelle.
Diacre Jean-Paul