• HOMELIE DU XVIème DIMANCHE ANNEE C / 17 /07 /2022

    Ière lecture :Genèse 1801-10a

    IIème lecture : La lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens 1,24-28

    Evangile : Luc 10,38-42

    Chers frères et sœurs dans le Christ Jésus, de ces trois lectures que nous venons d’écouter nous pouvons y retenir trois mots très importants pour notre méditation de ce jour et de la semaine : Rencontre, Hospitalité et Ecoute.

    Dans la première lecture, Abraham est assis aux chênes de Mambré, à l’entrée de la tente se reposant et se protégeant contre la chaleur telle de l’été. Levant les yeux, il vit trois hommes qui se tenaient près de lui. La première attitude qu’il a affichée est le mouvement d’aller à leur rencontre et de se prosterner jusqu’à terre. La deuxième attitude est celle d’hospitalité. A ces passagers, Abraham demande de s’arrêter, de ne pas passer et leur fait bon accueil. Il y a un élément très important qui doit attirer notre attention lors de cette rencontre. En s’adressant aux trois visiteurs, le patriarche pressentant en eux la présence divine n’utilise plus le pluriel, mais le singulier : « Mon Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur ». Notons que la tradition a vu dans ces trois hommes une figure de la Trinité (cf. l’iconographie orientale / Andreï Roublev).

                    Après leur avoir apporté de l’eau pour laver leurs pieds, il leur offrit le repas préparé par son épouse Sara : des galettes, et un veau gras préparé par un serviteur. La scène se conclut par l’annonce d’une bonne nouvelle faite par les visiteurs, mais c’est au singulier que cette annonce est faite : « Je reviendrai chez toi au temps fixé pour la naissance … Sara, ta femme, aura un fils ». Abraham adopte là une troisième attitude, celle de l’écoute du message de la promesse. Pourtant, cette annonce n’avait pas convaincu Sara qui s’en moqua, car elle était largement au-delà de la fécondité féminine, donc ménopausée et avancée en âge.

    Le refrain du psaume évoque la tente du seigneur comme lieu de rencontre : « Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? ». « Séjourner sous la tente du Seigneur » évoque le fait de se mettre en présence de Dieu, se rendre disponible pour être dans le face à face avec Lui. Notre tente de rencontre avec Dieu est l’église où nous sommes conviés à participer au mystère de la rencontre avec notre Seigneur Jésus- Christ dans l’eucharistie. Mais c’est aussi et surtout notre cœur qui est la vraie tente de rencontre avec Dieu, le cœur attentif à la parole de Vie et qui accueille cette parole, qui la laisse croitre jusqu’à donner des fruits qui demeurent.

    Dans l’Evangile, Marthe reçoit Jésus, la rencontre a lieu à la résidence familiale. Marthe et Marie, sa sœur, lui font bon accueil. Alors que Marthe est accaparée par les préparatifs du repas, Marie sa sœur est assise aux pieds de Jésus et ne se préoccupe que d’écouter la parole du Maître. Marthe aimerait voir sa jeune sœur l’aider à faire le repas, elle veut que Jésus intervienne afin que Marie se lève pour l’aider à apprêter le repas. La réponse de Jésus est sans ambages : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien de choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée ».

    Faut-il croire que la réponse de Jésus justifie une prétendue supériorité de la vie contemplative sur l’action apostolique ? Non, les deux attitudes – l’action et la contemplation – ne sont pas à opposer. Jésus n’entend pas mépriser ou sous -estimer les devoirs de l’hospitalité, mais établir que la supériorité revient à l’écoute de la Parole de Dieu. De toutes les préoccupations qu’on peut entretenir, il y en a une qui les dépasse toutes : celle qui a pour objet la Parole de Dieu. Car l’homme ne vit pas seulement du pain ( Dt 8,3 ; Lc 4,4 ). Il est question de faire la hiérarchie des valeurs entre les préoccupations du monde et celles du Royaume de Dieu. Luc met en relief l’importance d’écouter la Parole de Dieu, car toute action qui ne découle pas d’un accueil de l’Evangile risque de demeurer stérile.  Les deux attitudes représentent les deux faces de la charité bien comprise et de la prière ancrée dans la vie. « Si ma prière se perd dans les nuages sans me rendre un peu plus porteur de l’amour rayonnant de Dieu, quel est son sens ? Et si je veux rendre service à quelqu’un sans écouter ses vrais besoins, je risque de satisfaire mon désir, mais pas le sien.  L’écoute de la parole de Dieu est le moteur du service d’autrui. Marie mère de Jésus en est un bel exemple, elle était tout entière à l’écoute du message de l’ange, elle a accueilli cette parole lui annoncée en se laissant disponible pour Dieu et en se mettant au service de sa cousine Elisabeth en vue de l’accouchement.

    C’est ainsi que Saul, bouleversé par sa rencontre avec le Ressuscité, a consacré sa vie à l’annonce de la bonne nouvelle du salut en se mettant au service de ses frères et sœurs.

    Chers frères et sœurs dans le Christ Jésus, toute rencontre avec Dieu nous change, car sa parole nous transforme de l’intérieur et nous donne des nouvelles directives de vie et de la mission à accomplir. Ce changement est exprimé dans les textes sacrés souvent par le changement de nom : Abram devient Abraham après avoir fait scellé l’alliance avec Dieu : « Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude »( Gn 17,5) ; Saraï devient Sara : « Ta femme Saraï ,tu ne l’appelleras plus Saraï , mais son nom est Sara »(Gn 17,15) ; Saul devient Paul apôtre des nations . De même, nous aussi, à notre baptême nous avons reçu un nouveau nom, un « prénom » pour signifier la nouvelle naissance ou régénération dans le Christ. Tout à l’heure, après avoir écouté la parole de Dieu comme Abraham devant sa tente au Mambré, comme Marie aux pieds de Jésus, et comme Paul sur le chemin de Damas, nous allons rencontrer le Christ dans l’eucharistie. En quoi cette rencontre nous change ? Quelle bonne action à mener auprès de ceux qui ont besoin de mon aide, de ma proximité, de mon soutien ? Notre dynamisme dans la pastorale et l’apostolat ne peut que trouver sa source dans l’écoute de la parole de Dieu, dans la prière personnelle et communautaire.

    Père Denis Marie MUKENDI MUAMBA MASANKA,Cft.- Curé de la Paroisse

     






  • Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique