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  •  Présentation du livre du Père F. Bedin par le Père P. Fournier Curé de Veynes

    Ce livre commence par des remerciements bien haut-alpins: "A mes paroissiens de Veynes, de Tallard, Remollon, Espinasses, qui m'ont fait vivre mon sacerdoce et aidé à grandir" (p.5). Le Père François Bedin est prêtre du diocèse de Gap, en ministère à Veynes, puis au secteur de Tallard. Il a fait connaissance des Hautes-Alpes quand il était novice dans la Communauté St-Jean, et quand il est venu "faire du désert", pendant quatre mois d'été, en Valdoule, à Montmaurin, à la laure qui reçoit des ermites (p.151). L'auteur rappelle les origines de cette laure haut-alpine, pratiquement la plus ancienne des laures actuelles en France. Elle a été "fondée par le Père Emmanuel de Floris, ancien bénédictin de l'abbaye d'En Calcat, autorisé à se retirer en solitude", en 1968 (p.135). En cette retraite, le jeune François écoute avec passion les cassettes du P. de Floris: la théologie mystique dans l'Evangile de st Jean.
      Ordonné prêtre à 35 ans, en 1990, et ayant maintenant près de trente années de ministère presbytéral, le P. Bedin relit sa vie qu'il estime soutenue "par la main de la Providence" (p.174). Il nous fait confidence ici de son parcours "de chez les loubards vers les curés". Une enfance, dans la Sarthe, familialement assez difficile, une jeunesse lycéenne tâtonnante, puis des temps de galère à Paris et ailleurs, à la rue, des essais de travail ou d'entrée chez des religieux, la chance d'un emploi à Paris, à la Librairie La Procure, et, là, le bonheur de se passionner pour les livres et la rencontre de penseurs (son amitié avec Cl. Tresmontant,..). Dans la Communauté St-Jean, François trouve des chemins de vie spirituelle, pas seulement les écoles de spiritualité, mais la théologie mystique (p.136). Un éblouissement durable. Prêtre dans le diocèse de Cahors, puis à Marseille, le P. Bedin est maintenant curé dans le diocèse de Gap, à Tallard, au service de quatorze villages.
    Un chapitre s'intitule "Les Hautes-Alpes". Etant arrivé dans le département à Toussaint, F. Bedin est immédiatement impliqué avec les paroissiens sur les questions de sociologie religieuse: le rapport local à la mort et les pratiques rurales de prières à l'église, puis aux cimetières pour les défunts, le rapport au cimetière lui-même et au défunt que l'on accompagne. Et sur le service paroissial des paroisses "perchées" au-dessus de la vallée, les précautions à prendre pendant les mois difficiles de service l'hiver,...
    Au fil d'un itinéraire atypique, l'auteur nous entraîne ainsi dans sa quête spirituelle, mystique, exigeante et rebondissante. Dans un langage à la fois direct et soigné, avec une franchise allant de l'humour à la vigueur critique, et avec fraternité, il nous plonge à la fois dans la vie de la rue, dans la chanson populaire, ou les recherches théologiques et philosophiques, et dans le monde des "curés". Il nous dit son bonheur d'avoir découvert le sens de sa vocation profonde: "Toujours, j'ai cru et voulu que l'appel à l'Amour, à la beauté, au partage, à la bonté, à la tendresse, soit le moteur de ma vie" (p.11). Il termine pour ce souhait de croissance intérieure: "J'espère grandir dans l'Amour jusqu'à l'infini du Père. Ce sont mes frères et mes soeurs en humanité qui m'ont ouvert à ce mystère" (p.228).
    A travers ce récit autobiographique très vivant, le loubard devenu prêtre entend donner son "témoignage pour montrer la fidélité absolue de 'Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière' (1 Pi. 2,9)". Le lecteur trouve ici une expérience de vie concrète dans le contexte socio-culturel actuel, et un exemple de vocation presbytérale qui se veut témoignage de foi au Dieu Tout-Autre, de miséricorde, et de rencontre des autres.
    Père Pierre Fournier. 

    Lundi 22 juillet, 15h à 18h, à Veynes, Salle Paroissiale, avec le Père François BEDIN, ancien curé de Veynes.

    Père François BEDIN

     

     


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  • ‌LIVRE: "QU'EST-CE QUE L'HOMME POUR QUE TU PENSES A LUI ?"
    EVEQUES DE FRANCE, Conseil permanent de la Conférence, co-éd. Bayard, Cerf, Mame, 2019, 78 p., 5 €.

        Devant les défis actuels (bioéthique, écologie, gérance des biens, gouvernance du monde, transhumanisme,..), et "les grandes tentations" qu'occasionnent les potentialités des récents progrès, le Conseil permanent des Evêques de France souhaite "aider à répondre aux interrogations constantes sur notre dignité humaine, notre faiblesse, notre destinée dans l'univers". Il propose des "éléments d'anthropologie catholique" (sous-titre). Le titre est emprunté à l'interrogation du psalmiste devant l'énigme de la vie humaine (psaume 8, p.74). Dans la préface, Mgr M.Aupetit, archevêque de Paris, interroge les lecteurs: "Quelle est votre espérance ?" (p.13). De là, sont énoncées des "pistes de réflexion sur la personne humaine, sa beauté, sa vocation, son droit à s'accomplir pleinement".
      La première partie situe l'être humain comme une personne. Celle-ci est créée et appelée par Dieu pour une vocation à la liberté, à la vérité et à la responsabilité. Selon la révélation biblique, la personne vit dans une unité tripartite: corps, âme et esprit. Elle est douée d'une conscience discernant la "loi naturelle", ouverte à la transcendance. Tout en acceptant sa finitude, l'être humain est confronté au scandale du mal, à la mort. En respectant la vie animale, sans aller jusqu'à l'antispécisme qui effacerait la différence animal / être humain, il est reconnu que "seul l'être humain est une personne, sommet de la Création", comme l'indique le récit de la Genèse.
      La seconde partie situe l'être humain dans sa solidarité avec l'humanité entière, car, créés par le Dieu Unique, "nous sommes une seule familleinterdépendants, appelés à la fraternité". La sexualité se manifeste comme le "lieu du don de soi". De là, la fécondité et la famille. Sur la base de la solidarité fondamentale, nous constatons les diverses dérives qui peuvent menacer l'être humain. Cependant, la foi chrétienne est source d'Espérance pour construire une unique famille humaine. L'encyclique du pape François "Laudato Si'" sur l'"écologie intégrale" exprime l'urgence et les moyens pour répondre au "cri de la planète et des pauvres". Dans la postface, Mgr J-P. Battut réfléchit sur "la mission humaine à parachever l'oeuvre de Dieu" et ouvre sur le monde à venir: "La foi chrétienne n'en est qu'à ses débuts. Et, pour dire l'amour de Dieu, l'éternité sera courte" (p.73). C'est dire l'enjeu du chemin à parcourir ensemble.
        Le document est écrit en style clair, très accessible, dynamisant grâce à sa vision de l'être humain et du monde contemporain. Peut-être certaines affirmations paraissent-elles trop optimistes? Comme: "la raison humaine est vraiment capable de connaître l'univers" (p.26). Du fait de ses qualités pédagogiques de pensée et de sa richesse de références à la Parole de Dieu, à Vatican II, et aux écrits du pape François, un tel document offre une pertinente synthèse pour la réflexion personnelle. Pour les partages en groupes, l'échange pourra porter sur la notion de loi naturelle, sur les points originaux des argumentations, sur les marqueurs de l'être humain (liberté, responsabilité, discernement,..), sur les enjeux de la vie affective et de la famille, sur la gestion des biens de ce monde (pauvretés, justice, écologie intégrale,..),
    Père Pierre Fournier


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  • Le pape François développe ici la conviction du Concile Vatican II: "L'Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne". Il le fait avec le langage qui lui est propre, avec la force de la parole claire, directe, imagée, appelante, accessible à tous. Le style oral du texte vient du fait que le pape François a donné cette réflexion dans ses Catéchèses publiques, en 2017-2018.


    Le pape procède en 15 chap. Il situe d'abord l'Eucharistie selon les repères principaux: "la prière d'action de grâce", "la prière la plus élevée", "le mémorial", "le sens du dimanche". Puis le pape aborde les quatre grandes parties de l'Eucharistie pour "comprendre la grandeur de la foi et la beauté de la rencontre avec le Christ" (p.14). En premier, la démarche d'introduction avec le sens déterminant du signe de la croix (p. 40 sv.), le fécond acte de la pénitence, et l'entrée dans la gratitude par le Gloria. Puis le temps de la Parole de Dieu, avec une attention particulière sur l'Evangile de "Jésus parole vivante", et l'homélie elle-même "dialogue entre le Seigneur et son peuple" (p.71), le Credo et la prière universelle selon "nos besoins, et les besoins de la communauté ecclésiale et du monde" (p.80). 
    Après la liturgie des offrandes, vient alors le moment central de la Prière eucharistique pour "nous associer au Sacrifice du Salut" (p.88), nous unir, par l'Esprit Saint du Père, au "mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur" (p.90). Cette prière majeure avec le Christ est ouverte sur le "Notre Père" et sur "le prodige de la communion: nous devenons ce que nous recevons: le Corps et le Sang du Christ" (p.109). La conclusion, avec la bénédiction, est un dynamique envoi des "disciples-missionnaires" .

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                L'expression d'"art de la liturgie" n'est pas prononcée par le pape, mais pour vivre profondément la messe dans la mouvance de l'Esprit Saint, il cite volontiers le Missel romain en sa "Présentation générale" de l'Eucharistie, et le Catéchisme de l'Eglise catholique. Alors la Messe est "une vivante Rencontre avec le Seigneur". Le pape conclut sur cet appel à "passer de la chair du Christ à la chair de nos frèresQue nous toujours la force dans l'Eucharistie, dans l'union à Jésus" (p.118). Un livre stimulant pour la méditation personnelle, pour les rencontres de groupes, et les équipes liturgiques.


    P. Pierre Fournier.


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